Enquête publique Schéma de développement territorial (SDT)

Jusqu’au mercredi  5 décembre inclus, il est encore temps de réagir à l’enquête publique du SDT (schéma de développement territorial). Ce plan de développement est très important car il déterminera la voie à suivre pour les prochaines années au niveau de la région wallonne.

Le projet CHB y est inscrit, sans aucune justification et en contradiction avec les objectifs de ce même document!

Il faut être le plus nombreux possible à y réagir! Peu importe si vous habitez ou non en Wallonie, chacun peu réagir à cette enquête. Pour ce faire:

1) Écrire une réponse. Vous trouverez ci-dessous une proposition de réponse (texte et PDF) que vous pouvez soit reprendre telle quelle, soit modifier à votre guise, soit ne pas utiliser en donnant votre propre réponse.

2) Envoyer votre document jusqu’à ce mercredi 5 décembre inclus à votre commune avec la mention « révision du schéma de développement du territoire ». (Si votre commune n’est pas reprise dans liste ci-dessous vous pouvez soit vous assurez auprès de votre commune qu’elle reçoit les réactions à l’enquête publique, soit écrire à une des communes concernées ci-dessous même si vous n’y êtes pas résident):

  • Commune de Chaudfontaine: urbanisme@chaudfontaine.be ou Collège Communal, avenue du Centenaire, 14 à 4053 Embourg
  • Commune de Trooz: info@trooz.be ou Collège communal, rue de l’Eglise, 22 à 4870 Trooz
  • Commune de Liège : enquete.urbanisme@liege.be ou Ville de Liège, Service des Permis d’urbanisme, La Batte 10, 4ème étage à 4000 Liège
  • Commune de Fléron: enquete_urbanisme@fleron.be ou Collège communal, rue François Lapierre 19, 4620 Fléron
  • Commune de Soumagne: urbanisme@soumagne.be, Collège communal , avenue de la coopération 38, 4630 Soumagne

Attention de bien mentionner vos coordonnées, la signature et la date de l’envoie sous peine de nullité du courrier.

Le nombre de réactions est vraiment important ! N’hésitez pas à faire passer le message. Merci d’avance !

Lettre type:

Lettre SDT version PDF.

De :Nom prénom +adresse

A : Collège Communal,

adresse de la commune choisir

Lieu et date

Concerne : Révision du schéma de développement du territoire

Mesdames, Messieurs,

En réaction à l’enquête publique concernant la révision de Schéma de Développement du Territoire Wallon (SDT), je souhaiterais vous faire part de quelques observations. Je m’étonne en effet de voir mentionné, en page 46 du document, le développement de « la connexion routière entre l’E40 et l’E25 à l’est de Liège » (le projet dit « Cerexhe-Heuseux-Beaufays », ou « CHB ») parmi les « mesures de programmation et de gestion » prévues sous l’objectif SS.4 : Faire des réseaux de communication et de transport structurants un levier de création de richesses et de développement durable.

Cette référence est d’autant plus frappante qu’elle répond à des principes de mise en œuvre qui cherchent à orienter « les flux de biens et de personnes […] vers les modes de transport dont les effets sur l’environnement (pollutions et nuisances) et le territoire (emprise au sol) sont les plus faibles ».1 Pour répondre à ces défis, le document semble préconiser l’exact opposé : construire un projet autoroutier aux effets dévastateurs sur l’environnement, engloutissant des ressources foncières précieuses et prônant une mobilité polluante et individuelle.

Ignorant ces incohérences, le SDT présente pour seule justification au projet de « compléter » les réseaux existants. Or, il est non seulement douteux que le projet CHB contribue réellement à combler les lacunes du réseau actuel (1), mais il est également avéré que la réalisation de ce projet aurait des conséquences dévastatrices sur l’environnement (2) ; favoriserait l’étalement urbain (3) ; et promouvrait une mobilité ignorante des réalités environnementales actuelles (4). Ces éléments sont d’ailleurs précisément au cœur des objectifs du Code du développement territorial sur lesquels se fonde le SDT,2 soulignant d’autant plus l’incohérence d’y introduire le projet CHB comme un moyen d’atteindre les ambitions que le document se fixe.

  1. Réseau de transport : Plusieurs études et documents traitant du projet CHB révèlent que la construction d’une « connexion routière » au sud de Liège ne permettra de résoudre ni les problèmes de mobilité dans l’agglomération liégeoise, ni ceux liés au transit européen. Concernant ce dernier, les chiffres montrent que les tronçons du sud de la ville sont moins fréquentés par les véhicules de transit que ceux du nord, notamment en raison du profil accidenté de la E25.3 Relier les deux autoroutes n’aura donc vraisemblablement pas d’effet majeur sur les itinéraires de ces véhicules. En outre, des estimations de 2003 prévoient que seuls 2,7% des véhicules qui emprunteraient CHB constitueraient du trafic de transit.4 Ce tronçon serait ainsi principalement utilisé pour le trafic local (c’est d’ailleurs l’argument principal de ses promoteurs actuels), sans pour autant délester les « goulots d’étranglement » existant dans Liège et sa périphérie (tunnel de Cointe, Quai de la Dérivation, route de Fléron …).5

  1. Environnement : Le Rapport sur les incidences environnementales qui accompagne le SDT souligne que le projet CHB « déforce […] l’objectif de ‘valorisation des patrimoines naturels, culturels et paysagers et les préserver des pressions de l’urbanisation’ (PV.2) ».6 Il s’agit ici malheureusement d’un euphémisme puisque le projet CHB serait tout simplement destructeur pour l’environnement, et ce à de multiples niveaux. Le paysage et le patrimoine naturel seraient en effet fortement touchés7 (l’autoroute passerait par exemple dans un couloir aménagé dans une zone Natura 2000), mais le prix environnemental à payer se calculerait également en termes géologiques,8 climatiques et énergétiques9 et de biodiversité (faune et flore).10

  2. Urbanisation : La construction de la liaison CHB contribuerait fortement au double mouvement de péri-urbanisation des zones vertes et de désurbanisation de la ville de Liège, à l’inverse de l’urbanisation « économe en ressources » prônée par le STD.11 En effet, le projet prévoit trois sorties et quatre échangeurs dans les communes qu’il traverserait. Il s’agit là d’un signe évident que cette autoroute est perçue comme un outil de périurbanisation par les autorités locales et les promoteurs, quand bien même des mesures seraient-elles prises pour limiter cet effet. Ainsi que le conclut le Rapport sur les incidences environnementales réalisé dans le cadre du Plan Urbain de Mobilité de Liège en 2018, « la seule alternative évitant tout risque de périurbanisation lié à la mise en œuvre est [l]a non réalisation [du projet CHB] ».12

  3. Mobilité alternative : Il est difficile de concevoir comment la construction d’une autoroute pourrait contribuer à promouvoir des modes alternatifs de mobilité, surtout dans une ère de forte compétition pour les ressources budgétaires. A titre d’exemple : en 2007, le projet était estimé à 500 millions d’euros, soit l’équivalent de 20 ans d’investissement dans la mobilité durable selon un calcul d’Inter-Environnement Wallonie.13

Enfin, je regrette de voir que le projet de liaison E40-E25 est présenté comme un fait accompli dans le SDT, sans le moindre élément d’explication, prêtant à confusion dans le chef du citoyen.14 Les éléments présentés ci-dessus soulignent le caractère encore controversé de ce projet, inchangé depuis près de 50 ans, et remettent sérieusement en doute sa pertinence actuelle.

Pour toutes ces raisons, je demande le retrait de la mention de la « connexion routière entre l’E40 et l’E25 à l’est de Liège » en page 46 du Schéma de Développement du Territoire.

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ces considérations.

Avec mes salutations respectueuses,

Nom+ prénom

+signature pour les courriers papiers (et si possible pour les mails, dépend des communes!)

1 Direction générale opérationnelle de l’Aménagement du territoire, du Logement, du Patrimoine et de l’Énergie, Schéma de Développement du Territoire, Octobre 2018, p.44. [Ci-après « SDT »].

2 Ibid., p.8.

3 Plan Urbain de Mobilité de l’Agglomération de Liège, Octobre 2018, p.43 [Ci-après « PUM »].

4 Stratec, Analyse socio-économique de la liaison autoroutière Cerexhe-Heuseux-Beaufays (A605), 2003, p.16.

5 Ministère Wallon de l’Equipement et des Transports, Projet de liaison autoroutiere Cerexhe-Heuseux / Beaufays : Etude d’incidences sur l’environnement, Février 2007, p.560, p.599, p.620, p.621, p.898, p.632.

6 Rapport sur les incidences environnementales du Schéma de développement du territoire de la Wallonie, Mars 2018, p.155.

7 Rapport sur les Incidences Environnementales (RIE) du projet de Plan Urbain de Mobilité ou « PUM » de l’Arrondissement de Liège, Octobre 2018, p.125. [Ci-après « RIE PUM »]

8 Ibid., p.72.

9 Ibid., p.95.

10 Ibid., p.111.

11 STD, p.21.

12 RIE PUM, p.142.

13 Fédération Inter-Environnement Wallonie, « 500 millions d’euros pour 12,5 km d’autoroute…ou 20 ans de mobilité durable ? Plaidoyer pour des affectations budgétaires rationnelles et efficaces », Septembre 2017.

14 Cette confusion est d’ailleurs soulignée en p.155 du RIE SDT.

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