La liaison CHB

Un projet dévastateur pour un coin de paradis, aucunes études alternatives, un plan de la mobilité liégeoise qui en dit long…

Le projet CHB en quelques mots…

La laison CHB est un projet de tronçon autoroutier entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays ( à l’est de Liège). Une idée désuète qui date des années 60. Le tronçon traverserait des zones naturelles relevées pour leur intérêt biologique ( note1 en bas de page). En plus du désastre environnemental qu’elle produirait, d’autres nuisances d’une importance capitale en découleraient: problèmes de mobilité, exode urbain (Liège et Verviers), périurbanisation massive,… Les avantages de cette liaison? Nous les cherchons toujours. C’est pourquoi nous restons convaincu de son inutilité et de l’importance de conserver cette zone naturelle. Il est toujours possible de relier deux points en ligne droite. Si nous relions tous les points possibles d’une carte, celle-ci disparaît sous les routes…

Carte du tracé - R Canfin

Carte du tracé – R. Canfin

Pour en savoir plus…

Son origine.

La liaison CHB est un projet suggéré dans les années 60 par le gouvernement national. A cette époque, la route était considérée comme un facteur de développement important (la voiture était reine et le pétrole bon marché!) et un « ring » se devait d’exister pour chaque ville digne de ce nom. Dans le cas de Liège, la liaison entre Cerexhe-Heuseux et Beaufays était alors considérée comme un maillon de ce ring (tout en étant également un « maillon manquant » de l’autoroute devant relier Rome à Amsterdam).

Une zone de réservation en pleine nature.

La zone traversée par cette liaison est soulignée par les scientifiques pour sont intérêt biologique ( note 1). En 1983 une « zone de réservation » fut inscrite pour la liaison CHB lors de la mise en place du plan de secteur de Liège ; cette zone a été maintenue jusqu’à ce jour, en dépit de la spoliation des propriétaires concernés. Par la suite une partie de ce territoire a été répertoriée dans le plan européen de protection « Natura 2000 », mais elle n’a pu y être reprise, suite à l’intervention de la Région wallonne, pour cause de projet CHB…

Trooz, viaduc au-dessus de la Vesdre et échangeur

Trooz, viaduc au-dessus de la Vesdre et échangeur

Un projet “mort-vivant”.

Il fut repoussé maintes fois à cause du manque crucial de budget (estimation (2007) : 600 000 euros), et il fut même supprimé par un ministre (non « principautaire »). Lors de l’inauguration du tunnel de Cointe (Liège) en 2000, le ministre Darden fit part de sa volonté ferme de réaliser le projet CHB. Un budget fut effectivement consacré à une étude complète par un prestigieux bureau liégeois, suivie de l’étude d’incidences sur l’environnement (fort critique) (note 2 ), mais le projet fut bloqué par l’empêchement du gouvernement wallon à la suite de l’aboutissement de recours menés au nom des riverains par des associations de défense de l’environnement (Groupement CHB, iewIEW, etc.). Ces recours durent être menés jusqu’à la cour de justice européenne.

Les problèmes qu’induiraient cette liaison.

De nos jours, il est important de se rendre compte que ce projet est dépassé, et qu’en plus du désastre environnemental prévisible, d’autres problématiques doivent être prises en compte de façon tout aussi urgentes. En voici deux exemples importants.

  • L’exode urbain et la périurbanisation:

    Promenez-vous quelques instants dans les villes de Liège et de Verviers et vous réaliserez que, malgré des efforts importants réalisés dans ces villes, un véritable exode urbain se produit. Il compromet l’équilibre indispensable aux niveaux économique et sociétal. La liaison CHB est généralement implantée en zone verte, et compte  2 échangeurs et 4 sorties pour 12,5 km de tronçon. Elle serait un facteur d’amplification de l’exode urbain et en contrepartie de périurbanisation, cause, entre autres, de surinvestissements publics et privés (nouveaux espaces à bâtir avec les avantages de la ville à la campagne, centres commerciaux, développement en infrastructures routières et impétrants, transports publics, etc.).

  • Les problèmes de mobilité:

    Lorsque l’on crée une nouvelle route (ex dernier maillon manquant), celle-ci attire la circulation, mais malheureusement pas au détriment d’autres axes routiers, c’est ce que les spécialistes appellent « l’effet d’appel ». La création de nouvelles routes incite à l’utilisation plus forte de la voiture. Dans le cas de la liaison CHB, il est démontré ( note 3) que le trafic augmenterait fortement sur les axes environnants le tronçon et ne désengorgerait en rien la ville de Liège (la liaison nord (entre Loncin et Cheratte), le tunnel de Cointe, ou encore les quais de la dérivation).

Tout cela pour 12,5km de liaison?

Oui, il existe un problème de mobilité à Liège, mais il est temps d’avoir une vision plus globale et de prendre des décisions appropriées qui n’entrainerait pas d’autres problèmes. Redynamiser positivement les villes, développer un réseau de transports en communs efficace, préserver la qualité de l’air notamment via de vraies zones vertes, protéger les quelques lieux exceptionnels encore existants que la nature nous offre, lutter efficacement contre les changements climatiques, voici quelques défis urgents auxquels la société actuelle doit d’urgence faire face. Chacun, aujourd’hui mais aussi demain a droit à une qualité de vie digne de ce nom. Un projet comme celui de la liaison CHB met fondamentalement à mal ce droit.

Pour encore plus de détails…

Rendez-vous dans notre rubrique « lisez-nous »: Avis du CWEDD sur le projet de liaison CHB et « Mobilité à Liège: une autoroute CHB inutile ».

 

Note 1: Zones classées SGIB (de grand intérêt biologique) et Natura 2000 par l’OFFH (Observatoire de la Faune et de la Flore et des Habitats)

Note 2: Etude d’incidence sur l’environnement
Note 3:  mobilité à Liège : carte du réseau par la collectif CHB + article sur les quais de la dérivation Le Soir 24-25/09/16